Le nouveau film d’animation We Are Aliens, signé par Kōhei Kadowaki, place au cœur de son récit une période charnière — l’ère Heisei — où se noue la relation entre ses deux protagonistes. Déjà repéré en festivals internationaux, le long-métrage sortira au Japon le 25 septembre et interroge les répercussions d’une amitié brisée par la jalousie et les malentendus.
L’histoire suit Tsubasa et Gyōtarō : camarades inséparables à l’école primaire, ils se séparent progressivement sous l’effet de rivalités et d’incompréhensions. Devenus adultes, ils sont contraints de revisiter leurs souvenirs et d’affronter ce qui les a séparés des années plus tôt.
Plaisirs d’interprétation et double temporalité
Pour incarner les versions adultes des héros, le film fait appel à Ryōta Bandō (Tsubasa) et Amane Okayama (Gyōtarō). Les voix des jeunes Tsubasa et Gyōtarō ont été confiées à Yūto Maki et Tasuku Nakagome, choisis lors d’auditions. Le casting comprend également Ten Yamasaki (Konatsu), Kemuri Matsui (Batahara), Gaku Sano (Seiya Toda) et plusieurs autres interprètes qui dessinent un univers riche et humain.

Kadowaki ne s’est pas limité à la mise en scène : il a piloté la plupart des étapes créatives — de l’écriture au montage en passant par le storyboarding — donnant au film une signature visuelle et narrative très portée par sa sensibilité.
- Musique : composée par Yaffle, reconnu pour son travail avec Fujii Kaze et Kenshi Yonezu ; le thème du film, « Sasakure (Split) », est interprété par adieu.
- Production : le studio japonais NOTHING NEW a produit le film, en collaboration avec la société française Miyu Productions, qui a rejoint le projet en juin 2025.
- Ventes internationales : la société CHARADES gère les droits et a cédé le film à des distributeurs en Asie (Taïwan, Singapour, Hong Kong, Thaïlande).
Un parcours festivalier déjà notable
Avant sa sortie commerciale, le film a été présenté à plusieurs rendez-vous majeurs : projection à la Directors’ Fortnight du Festival de Cannes (14 mai) et sélection en compétition au Festival d’Annecy (21–27 juin). Il a ensuite été programmé dans d’autres festivals internationaux, notamment Ottawa, Melbourne et Nouvelle-Zélande, augmentant sa visibilité hors du Japon.

L’exposition festival donne au film une portée internationale et facilite les ventes territoriales, un enjeu essentiel pour un petit studio indépendant qui cherche à amplifier sa diffusion au-delà du marché domestique.
Financement participatif et ambition indépendante
Pour soutenir la production et la promotion, l’équipe a lancé en novembre une campagne de financement sur Motion Gallery. L’objectif financier visait à rehausser la qualité de l’œuvre et à étendre sa distribution ; la collecte s’est conclue le 2 mars en dépassant l’objectif de 8 millions de yens, pour atteindre environ 9,6 millions de yens.
NOTHING NEW, fondée en 2022, se présente comme une structure dédiée à la préservation et à la mise en valeur des talents créatifs, cherchant à produire des œuvres personnelles sans sacrifier l’intégrité artistique.
Ce que cela implique pour le public
La sortie japonaise du 25 septembre donne au film une fenêtre pour séduire à la fois les amateurs d’animation art-house et un public plus large interpellé par des récits centrés sur la mémoire et les relations humaines. Les programmations en festival ont d’ores et déjà servi de première rampe de lancement internationale, et la stratégie de ventes menée par CHARADES devrait permettre une diffusion régionale en Asie dans les mois qui suivent.
Pour les spectateurs, l’intérêt réside autant dans la dimension émotionnelle du récit que dans la signature visuelle singulière d’un réalisateur multi-casquettes, qui a imposé sa voix à chaque étape de la création.



