Depuis le sommet d’octobre 2025, lorsque le bitcoin flirtait avec les 120 000 dollars, la cryptomonnaie a perdu plus de la moitié de sa valeur — et pourtant l’un des plus grands gestionnaires d’actifs au monde n’en change pas la feuille de route. BlackRock maintient une exposition limitée au BTC, estimant que la correction reflète surtout des tensions de marché et non une rupture fondamentale du dossier.
Une exposition limitée mais persistante
BlackRock recommande toujours d’allouer 1 à 2 % d’un portefeuille classique au Bitcoin, en prélevant cette part sur la poche actions. Selon ses simulations sur dix ans, cette petite ligne aurait amélioré la performance ajustée au risque d’un portefeuille 60/40.
La prudence reste de mise : le groupe souligne la volatilité du BTC, nettement supérieure à celle des actifs traditionnels, et ne présente pas la cryptomonnaie comme un pilier central d’allocation. Pour BlackRock, il s’agit d’un actif complémentaire susceptible d’apporter une source de rendement différente, sans promettre de retour rapide aux sommets historiques.
- Perte de plus de 50 % entre octobre 2025 et juin 2026.
- Pic d’open interest > 90 milliards de dollars en octobre 2025, puis retrait massif (~20 milliards en un jour).
- Afflux d’environ 60 milliards de dollars dans les ETP spot Bitcoin entre janvier 2024 et octobre 2025, suivis de sorties supérieures à 5 milliards depuis octobre.
Le rôle du levier et des liquidations
Les analystes de BlackRock pointent du doigt le levier comme principal facteur de l’ampleur de la chute. À l’automne 2025, le marché des contrats à terme était fortement engagé : quand les tensions géopolitiques et commerciales ont augmenté, les positions sur marge se sont effondrées, provoquant des liquidations en chaîne.

En une seule journée d’octobre, environ 20 milliards de dollars d’open interest se sont évaporés. D’autres épisodes de liquidations ont suivi en février puis en juin 2026, entraînant le BTC sous la barre des 60 000 dollars.
Sorties institutionnelles et rotation thématique
Parallèlement au désendettement, certains investisseurs institutionnels ont modifié leurs priorités sectorielles. Sur la même période, des fonds thématiques — notamment liés à l’intelligence artificielle — ont attiré des sommes considérables, redirigeant une partie des capitaux vers d’autres thèmes d’investissement.
Les retraits nets des ETP bitcoin et la revente par de gros détenteurs (mineurs, portefeuilles historiques, entreprises disposant de trésorerie en BTC) ont aussi abondé l’offre sur le marché. Malgré ces sorties, BlackRock observe que la demande institutionnelle demeure, même si elle s’est affaiblie.
Ce que disent les corrélations et la volatilité
Sur le long terme, la corrélation de Bitcoin avec le S&P 500 reste faible — autour de 0,18 sur dix ans — ce qui renforce l’argument d’une diversification potentielle. À titre de comparaison, la corrélation de l’or est plus basse encore, mais la comparaison met en lumière la « double personnalité » du BTC : parfois il suit les actifs risqués, parfois il se comporte comme une couverture.

BlackRock note également que la volatilité s’est atténuée au fil de la décennie, grâce à la maturation des marchés dérivés et à l’émergence de produits cotés. Reste que les marchés à effet de levier peuvent toujours provoquer des mouvements abrupts — les taux de financement des perpétuels ont même plongé en territoire négatif au deuxième trimestre, signe d’un repositionnement spéculatif.
Conséquences pour les investisseurs
Pour les investisseurs particuliers et institutionnels, le message est clair : une exposition mesurée peut contribuer à la diversification, mais elle doit rester minoritaire et intégrée dans une stratégie globale. La forte volatilité exige une gestion du risque adaptée et une acceptation du fait qu’un retour aux sommets n’est ni garanti ni imminent.
En pratique, cela signifie :
- réserver le Bitcoin à une petite allocation (1–2 %) si l’objectif est la diversification ;
- prévoir des règles claires de gestion du risque (taille des positions, stop-loss, horizon d’investissement) ;
- surveiller le niveau d’endettement du marché et les signaux de liquidations sur les dérivés.
En dépit de la correction sévère depuis octobre 2025, BlackRock reste attaché à une exposition prudente au Bitcoin. Son point de vue reflète la tension actuelle entre un actif de plus en plus intégré aux portefeuilles institutionnels et les risques persistants liés aux marchés à effet de levier.



