Plusieurs semaines avant la violente chute d’octobre, j’avais déjà estimé que le cycle haussier s’était interrompu et conseillé de réduire les expositions autour de 120 000 $. La correction qui a suivi confirme ce diagnostic : les signaux actuels donnent peu d’indices qu’un retournement durable soit imminent, et chaque rebond mérite d’être pris avec prudence.
Points clés
- L’indicateur NUPL n’affiche pas encore les valeurs associées à une capitulation généralisée.
- Les apports aux ETF au comptant sont irréguliers et la structure des prix reste globalement baissière.
- La zone de résistance située entre 64 000 $ et 65 000 $ est déterminante : un nouveau rejet pourrait accentuer la baisse.
Un des signaux on‑chain les plus utilisés pour repérer la fin d’un marché baissier est le NUPL (Net Unrealized Profit/Loss). Concrètement, cet indicateur synthétise la différence entre les gains et pertes non réalisés de l’ensemble des détenteurs de Bitcoin et permet d’identifier les phases de confiance excessive, de prudence et, enfin, de capitulation.
Pourquoi le NUPL reste crucial
Historiquement, les creux durables ont souvent été précédés d’un effondrement marqué du NUPL, moment où les positions gagnantes se transforment en pertes réalisées et où les derniers acheteurs se résignent. Aujourd’hui, le NUPL n’a pas encore atteint ce stade, ce qui suggère que la capitulation — phase où le marché stoppe réellement sa chute — n’est pas encore intervenue.
En parallèle, de nombreux acteurs particuliers réagissent à chaque rebond comme s’il marquait le début d’une nouvelle tendance haussière. Ce comportement est compréhensible, mais l’histoire des marchés montre que les retournements se produisent rarement pendant des phases de peur diffuse : ils surviennent souvent après un épisode de désespoir généralisé.
Structure de prix et dynamique des ETF
Bitcoin navigue actuellement dans une fourchette étroite, retestant depuis plusieurs semaines la zone entre 64 000 $ et 65 000 $, devenue résistance après son effondrement en juin. Les tentatives d’accélération manquent d’ampleur ; sans clôture journalière convaincante au‑dessus, le potentiel de rallye reste limité.
Les certificats et ETF au comptant sont souvent présentés comme le baromètre de l’appétit institutionnel. Or, l’analyse des flux montre une image nuancée : certains jours enregistrent des apports, d’autres des sorties importantes. Ce manque de constance indique que les investisseurs institutionnels n’entrent pas encore massivement avec la confiance caractéristique d’un début de marché haussier.
- Scénario haussier à court terme : clôture quotidienne confirmée au‑dessus de 65 000 $ → cible potentielle entre 68 000 $ et 70 000 $.
- Scénario baissier prolongé : rejet répété à la résistance → intensification des ventes et possible capitulation.
Techniquement, la succession de creux et sommets décroissants demeure l’argument principal en faveur d’une tendance négative. Tant que cette configuration n’évolue pas vers des creux et sommets ascendants, les rallies resteront probablement des reprises temporaires dans une tendance plus large à la baisse.
Conséquences pour les investisseurs
Pour les portefeuilles, cela implique de distinguer entre opportunités tactiques et changement de tendance stratégique. Des achats sur faiblesse peuvent être rationnels pour ceux qui visent le long terme, mais ils doivent s’accompagner d’une gestion du risque stricte : positionnement, stop loss, et taille d’allocation mesurée.
Sur le plan macro, l’absence d’un flux institutionnel soutenu et l’état actuel du NUPL laissent penser qu’une phase de purge supplémentaire n’est pas à exclure. Lorsqu’elle surviendra, elle pourrait pousser une large partie des investisseurs moins résilients à liquider, ouvrant alors la voie à un véritable point bas.
Question à se poser : à quoi ressemblerait le marché si les derniers bulls renonçaient complètement ?



