En moins d’un mois, plus de six milliards de XRP ont afflué vers les plateformes d’échange, un mouvement qui peut rapidement influer sur l’offre disponible et peser sur le cours. À l’heure où le token tourne autour de 1,30 dollar, ces transferts rendent l’équation prix/liquidité particulièrement sensible pour les traders et investisseurs.
Un afflux marqué vers les exchanges
Les données de CryptoQuant indiquent que les dépôts de XRP sur les plateformes centralisées ont totalisé environ 6,05 milliards sur trente jours, un niveau jamais observé depuis plusieurs mois. Ce flux représente un doublement par rapport aux volumes relevés à la mi-août.

- Volume 30 jours : ~6,05 milliards de XRP;
- Pic : plus haut niveau en sept mois;
- Part de Binance : ~40,7 % des entrées;
- Autres plateformes : Bybit ~580 M, OKX ~557 M, Upbit ~544 M, Bitget ~285 M;
- Variation de prix : sommet proche de 1,70 $ puis repli vers 1,30 $;
- Signaux baleines : retraits massifs en chute libre depuis février 2025.
Ces transferts accroissent immédiatement la quantité de XRP disponible sur les marchés centralisés, améliorant la liquidité à court terme mais aussi facilitant des ventes rapides si les détenteurs décident d’ouvrir des ordres. La provenance et la destination finale de ces tokens restent clés pour comprendre l’impact réel sur l’offre négociable.
Les dépôts ne sont pas des ventes — mais peuvent le devenir
Un transfert depuis un portefeuille privé vers un exchange n’équivaut pas automatiquement à une transaction de vente. Les tokens peuvent transiter pour être mis en garantie, alimenter des teneurs de marché, ou s’échanger entre plateformes pour des raisons opérationnelles.
Cependant, l’augmentation soutenue des entrées sur les plateformes augmente la probabilité d’une conversion en ordres de vente si les détenteurs décident de monétiser leurs positions, surtout à des niveaux de prix jugés attractifs.
Les gros portefeuilles réduisent leurs sorties
Parallèlement, l’activité des grandes adresses s’est nettement ralentie. La moyenne mobile sur 90 jours des retraits attribués aux baleines a chuté à un niveau observé pour la dernière fois en 2021, tombant à l’équivalent d’environ 49,7 millions de dollars.

Ce chiffre contraste fortement avec le sommet enregistré en février 2025 — où les retraits s’élevaient à près de 3,5 milliards de dollars — soit une baisse d’environ 98,6 %. Concrètement, les sorties massives depuis les exchanges vers des cold wallets se font plus rares, ce qui peut réduire l’accumulation “hors marché” par ces acteurs.
Selon CryptoQuant, cette moindre activité des baleines suggère qu’elles temporisent, peut‑être en attente d’un niveau de prix plus favorable. À l’inverse, si leur soutien ne revient pas, le marché pourrait pâtir d’un manque de demande institutionnelle sur la durée.
Quel impact sur le prix ?
Le XRP oscille désormais dans une fourchette étroite après le rebond estival. Le seuil de 1,30 dollar apparaît comme un point de repère : sa tenue limiterait le risque d’un afflux de ventes, tandis qu’une cassure sous ce niveau, combinée à des dépôts toujours élevés, pourrait accélérer la pression vendeuse.
Les flux d’ETF américains offrent un soutien limité : après plusieurs semaines d’entrées, ces produits ont récemment enregistré des sorties nettes sur une courte période, et les souscriptions mensuelles d’octobre sont moins robustes qu’en septembre.
La trajectoire du cours dépendra donc principalement de deux éléments : la destination finale des 6,05 milliards de XRP transférés et le retour — ou non — de l’activité des grands investisseurs. Si une large partie reste immobilisée ou sert de collatéral, l’offre immédiate sur le marché restera contenue. Si ces tokens arrivent en ordres de vente, la dynamique pourrait rapidement tourner à la faveur des vendeurs.
En clair, une consolidation durable au‑dessus de 1,30 $ accompagnée d’une réduction des dépôts limiterait le risque de chute. À l’inverse, une rupture de ce seuil, maintenue par des volumes entrants élevés, signalerait une possible augmentation de l’offre disponible au moment où la demande institutionnelle faiblit.



