L’investisseur macro Dan Tapiero avance une prévision spectaculaire: selon lui, le marché des cryptomonnaies pourrait prendre une ampleur inédite d’ici 2035, avec le Bitcoin au centre du scénario. Ses estimations reposent sur des signaux macroéconomiques récents et sur l’émergence d’une nouvelle demande liée aux agents d’intelligence artificielle.
Une projection qui place Bitcoin au sommet
Invité du podcast Milk Road lundi, Dan Tapiero a détaillé sa vision d’un avenir où le bitcoin atteindrait une capitalisation de l’ordre de 20 000 milliards de dollars d’ici 2035 — l’équivalent, en chiffres, de 20 000 000 000 000 $. Pour Tapiero, il s’agit d’une progression d’environ dix fois la valeur actuelle du BTC.
Il ne considère pas ce chiffre isolément: cette cible s’inscrit dans une estimation globale beaucoup plus large de l’écosystème numérique, qui pourrait totaliser jusqu’à 50 000 milliards de dollars selon ses hypothèses.
Pourquoi, selon lui, le creux serait déjà atteint
Tapiero explique son optimisme par plusieurs évolutions macroéconomiques qu’il juge déterminantes. Il cite notamment des mouvements récents sur le marché des changes — en particulier la dynamique du taux dollar/yen — et un programme de rachats d’obligations du Trésor qu’il décrit comme une forme d’injection de liquidités comparable à un assouplissement quantitatif doux.

Ces mécanismes, poursuit-il, auraient précipité un sommet du dollar puis un creux de l’or, ouvrant une fenêtre favorable pour les actifs numériques. Autrement dit: pour Tapiero, les conditions financières pourraient désormais soutenir une reprise durable des cryptos.
Comment se répartirait ce marché de 50 000 milliards
Sa vision globale se décline en trois composantes principales. Voici le résumé présenté par Tapiero:
- Bitcoin : une capitalisation cible d’environ 20 000 milliards de dollars d’ici 2035.
- Ethereum et Solana : une capitalisation combinée évaluée sur une fourchette large, représentant une part significative mais inférieure à celle du bitcoin.
- Entreprises liées aux actifs numériques : une portion substantielle, composée de sociétés publiques et privées, venant compléter l’architecture du marché.
Ce repérage a d’ailleurs motivé le changement de nom du fonds de Tapiero, passé de 10T à 50T, pour refléter une ambition largement revue à la hausse depuis la création du véhicule en 2019.
L’intelligence artificielle: nouveau moteur de demande pour la blockchain ?
Au-delà des variables macro, Tapiero mise sur l’arrivée d’une «finance agentique» comme catalyseur. Il anticipe que des agents d’IA — logiciels autonomes effectuant des transactions entre eux — feront naturellement appel à la blockchain comme couche monétaire.

Selon lui, les paiements et transferts automatisés entre agents ne s’accommoderont pas facilement des infrastructures bancaires traditionnelles, ce qui pourrait générer une demande massive pour les réseaux, les stablecoins et les portefeuilles dédiés.
Tapiero évoque déjà des volumes significatifs de transactions via des stablecoins et prévoit une explosion des flux sur plusieurs années, transformant la nature même des paiements numériques.
Des paris concrets sur l’infrastructure
Son fonds a pris des positions stratégiques: il a indiqué avoir engagé 40 millions de dollars dans une société non révélée qui développe des portefeuilles destinés aux agents IA — une opération attendue d’être finalisée prochainement. Parmi ses autres participations figurent des acteurs reconnus comme Kraken et Ledger.
La stratégie d’investissement cible en priorité des entreprises générant des revenus annuels compris entre 50 et 100 millions de dollars, avec l’objectif d’accompagner certaines d’entre elles vers une introduction en Bourse.
Ce qu’il faut retenir
La projection de Dan Tapiero replace le Bitcoin au cœur d’un vaste scénario de croissance de l’écosystème crypto, fondé sur des signaux macroeconomiques et sur l’hypothèse d’une adoption par les agents d’intelligence artificielle. Comme toujours dans ce type d’anticipation, l’ampleur de la hausse dépendra de la matérialisation des facteurs macro et technologiques qu’il met en avant.



