Malgré une forte hausse des recettes de son pôle animation, le groupe TBS Holdings a closé l’exercice en affichant une perte brute, mettant en lumière les tensions entre expansion internationale et coûts de production. Ces résultats et les récentes opérations de consolidation internes montrent que la stratégie de croissance de l’entreprise dans l’animation commence à se traduire par des mouvements structurels importants.
Sur l’année fiscale achevée en mars, la division animation de TBS a vu son chiffre d’affaires bondir de 80,8 %, pour atteindre 3,198 milliards de yens (environ 20,1 millions de dollars). En parallèle, le groupe a enregistré une perte brute de 524 millions de yens (environ 3,29 millions de dollars).
La direction attribue cette perte principalement à une hausse des dépenses liées aux nouvelles productions animées. L’essor du chiffre d’affaires est, selon le rapport, en grande partie porté par la diffusion à l’étranger du film Dream Animals: The Movie, qui a dynamisé les recettes internationales.
Acquisitions et plan de fusion
Dans la première moitié de mai, la société de planification et développement d’animation de TBS, connue sous le nom de Sand B, a pris le contrôle majoritaire (51 %) du studio 3D CG Xenotoon, faisant de ce dernier une filiale directe de Sand B.

Les groupes prévoient ensuite de rapprocher Xenotoon et le studio Seven Arcs, lui-même détenu par TBS depuis décembre 2017, par une fusion programmée pour le milieu de 2027. Cette opération vise à consolider des capacités de production variées — 3D CG d’un côté, animation traditionnelle et franchises établies de l’autre.
Seven Arcs reste associé à des franchises connues : le studio travaille actuellement sur la nouvelle mouture de la saga Magical Girl Lyrical Nanoha, intitulée EXCEEDS Gun Blaze Vengeance, dont la première diffusion est prévue le 4 juillet.
Sand B : poids et ambitions
TBS a lancé Sand B (initialement nommé provisoirement CIP) en mai 2025 avec un capital conséquent — un investissement de 30 milliards de yens, soit environ 207 millions de dollars — pour structurer la création, le développement et la production d’animation. Le groupe vise clairement une montée en puissance à l’international, en s’appuyant sur une coopération renforcée avec Mainichi Broadcasting System (MBS). Kazuhiko Akatsu figure comme représentant de la nouvelle entité.
- Ce que ça change : rapprochement de studios pour mutualiser moyens techniques et catalogues, en particulier dans la 3D CG.
- Ce qui inquiète : des coûts de production en hausse qui peuvent annuler les gains liés à la distribution internationale.
- À suivre : l’impact de la fusion Xenotoon–Seven Arcs sur la cadence de sorties et la compétitivité à l’export d’ici 2027.
Pour le lecteur, ces annonces signifient que le marché japonais de l’animation reste dynamique mais sous pression : les recettes à l’étranger sont désormais essentielles pour compenser des dépenses de production croissantes, tandis que les groupes cherchent à créer des entités capables de rivaliser globalement en combinant savoir-faire 2D et 3D.
Au-delà des chiffres, la période qui mène à la fusion annoncée sera déterminante : elle testera la capacité de TBS et de ses partenaires à transformer des investissements lourds en économies d’échelle et en succès commerciaux durables.



